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COUPE D'EUROPE 1960

Nice - Real Madrid : 3 - 2
1/4 de finale aller de la Coupe d'Europe 1959/1960

Saison 1959/1960. Jamais aucune équipe française n’avait alors réussi à battre le Real Madrid en match officiel. Exploit que les Aiglons réussiront au Stade du Ray, en quart de finale aller de la Coupe des Champions (C1). Hélas, il y avait un match retour…
A Nice, stade du Ray, le 4 février 1960
OGC Nice - Real Madrid : 3 - 2 (0-2)
Arbitre : M. Da Costa
Spectateurs : 21422
Buts pour Nice : Nurenberg (52e, 68e sp, 84e)
Buts pour Madrid : Herrera (15e), Rial (26e)
Les équipes
Nice :
Lamia - Martinez, Gonzales, Chorda - Cornu, Milazzo - De Bourgoing, Alba, Foix, Nurenberg, Barrou. Ent. : Jean Luciano.
Madrid : Dominguez - Marquitos, Santamaría, Miché - Vidal, Santisteban - Herrera, Rial, Mateos, Puskás, Gento. Ent. : Manuel Fleitas Solich.

Les Madrilènes, mêmes privés de l'Argentin Alfredo Di Stefano forfait, ne craignent guère les retrouvailles avec des Niçois qu'ils avaient éliminés trois ans auparavant. Les Merengues étaient les tenants du titre des 4 premières éditions de la compétition européenne la plus prestigieuse. Les Niçois accordent à ce choc une importance extrême. Ils viennent de faire chuter Nîmes, alors leader de la L1, puis de s'imposer à Sochaux, le dimanche précédant la venue du Real, avec une équipe "mixte" (cinq titulaires). Fait rarissime en ces temps-là, Jean Luciano, l'entraîneur du Gym, a fait l'impasse sur ce déplacement, préférant se rendre à Bilbao pour "espionner" les Madrilènes. "Le Real m'a fait une très grosse impression de sûreté", reconnaît-il à l'époque dans France Football, tout en estimant que son net succès devant les Basques "peut lui donner une certaine tranquillité d'esprit qui risque de se retourner contre lui et de servir d'arme à l'équipe niçoise". Hélas pour eux, les madrilènes ne liront pas cet avertissement, ou alors trop tard. La rencontre est programmée le jeudi après-midi à 15 heures, un horaire inhabituel dû à l'absence d'équipement pour des matches en nocturne au Stade du Ray (les pylônes d'éclairage ne seront installés que quelques années plus tard).
Qu'importe ! Ils sont 21 422 spectateurs à se masser ce 4 février 1960 dans les tribunes du Ray. Les Niçois dominent, se procurent plusieurs occasions, mais en vain. Plus réalistes, les Madrilènes inscrivent "deux buts stupides", par Herrera (15e), puis Rial (26e). "A 0-2, les Niçois se sont lâchés", raconte Just Fontaine, qui commentait la rencontre pour la radio, tandis que Vic Nurenberg, qui ne sait pas qu'il va bientôt entrer dans l'histoire, se souvient d'une "fameuse engueulade de Luciano à la mi-temps". Un discours musclé dont FF donnera un aperçu, version édulcorée, par la suite : "Vous n'avez pas forcé la cadence et, sans un rare manque de réussite, vous ne devriez pas être menés. Vous avez donc bien joué, mais maintenant il faut "leur manger le foie". Vous gagnerez." Et, contre toute attente, sa prédiction va devenir réalité ! Cornu et Milazzo, remontés comme des horloges, ne laissent plus passet Puskas et Rial, tandis que Martinez met Gento sous l'éteignoir. Sur un centre de De Bourgoing dévié par Barrou, Nurenberg bat Dominguez de près pour, croit-on, sauver l'honneur (52e). Un quart d'heure plus tard, Nurenberg perce, Santisteban l'accroche, provoquant sa chute. Penalty, indique l'arbitre portugais M. Da Costa même si certains Madrilènes estimeront sa décision "scandaleuse". Et Nurenberg se fait justice, de manière heureuse. "J'ai l'habitude de tirer à droite du gardien, racontera-t-il. J'ai pris mon élan pour shooter ainsi, et puis, en course, j'ai changé d'avis et j'ai voulu tirer à droite : j'ai envoyé la balle en plein milieu. Heureusement que Dominguez est parti sur sa droite." Euphorisés par cette égalisation, les Niçois se ruent à l'attaque et, le cœur entre les dents, finissent par arracher une invraisemblable victoire : un mouvement amorcé par Alba poursuivi par Barrou et De Bourgoing, aboutit à Nurenberg, qui, après un amorti de la poitrine, bat Dominguez en force (84e) ! L'arbitre siffle la fin de la rencontre sur ce score de 3-2 qui permet à l'OGC Nice de devenir la première équipe française à battre le grand Real, laissant au Luxembourgeois le bonheur de conserver le ballon du match. Pour l'éternité...

Malheureusement cette belle première victoire ne sera pas suivie d'une qualification pour les Demi-Finales de la C1. Le 2 Mars, au Stade Chamartín, le Real et son trident offensif Di Stéfano-Puskas-Gento à nouveau au complet ne fait qu'une bouchée des Aiglons : 4 buts à rien grâce à Pepillo, Gento, Di Stéfano et Puskas. Nice pourra regretter, qu'à la suite de l'expulsion à la 44e de De Bourgoing (pour contestation sur un penalty accordé au Real et arrêté par Lamia), l'arbitre fera durer la mi-temps 54 minutes (le Real marquant son 3e but vers la 50ème !). Nice portera réclamation, mais que pouvait-on faire contre le Real de ce temps là ?... Le Real remportera quelques semaines plus tard la C1 face à l'Eintracht Francfort.

Les buts niçois :
2:1 Nurenberg (52e), centre de De Bourgoing dévié par Barrou, pour un but de près.
2:2 Nurenberg (68e), perse la defense et faute de Santisteban. Penalty transformé plein centre.
2:3 Nurenberg (84e), un mouvement amorcé par Alba poursuivi par Barrou et De Bourgoing, aboutit à Nurenberg, qui, après un amorti de la poitrine, bat Dominguez en force.



Le parcours niçois :
Tour préliminaire :
OGC Nice - Shamrock Rovers (Irlande) : 3 - 2 et 1 - 1

8e de finale :
Fenerbahçe (Turquie) - OGC Nice : 2 - 1 et 1 - 2 (1 - 5 en match d'appui)

Quart de finale :
OGC Nice - Real Madrid (Espagne) : 3 - 2 et 0 - 4