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Avec Gernot Rohr, l'OGC Nice a succombé aux charmes de la rigueur

Le Monde, le 23/12/2002 à 17h38

L'entraîneur a su réconcilier le club niçois, révélation du championnat de France de L1, avec son histoire et ses supporteurs.

Il les appelle les "supporteurs de grillage" parce qu'ils passent leur matinée là, autour du terrain d'entraînement du parc des sports Charles-Erhmann, tout près de l'aéroport Nice-Côte-d'Azur, à guetter les maillots rouge et noir. Il n'oublie jamais de les saluer d'un fort élégant jeté de casquette à sponsor, ou d'une poignée de main sincère, accommodés de délicates inquiétudes : "Comment allez-vous aujourd'hui ?" ; "Joli temps, n'est-ce pas ?" ; "Le match vous a plu ?". Il les aime bien et eux l'adorent. Il est leur idole.

A Nice, Gernot Rohr, 49 ans, a trouvé plus qu'un club de football à entraîner. Il a ressuscité une équipe, ranimé un stade, reconquis un public, rendu sourire et espoir à une ville qui n'en finissait plus de ressasser des souvenirs pénibles. Il ne le dira jamais mais tout le laisse deviner : ici, il a retrouvé confiance en lui. Il a renoué avec un football sans arrière-pensées, à mille lieues de celui qu'il a connu, comme technicien, aux Girondins de Bordeaux, à l'Eintracht Francfort (Allemagne) ou à Créteil. Il parle de "confiance", de "dignité".

DESTIN FAMILIAL

"C'est notre chance, affirme le président de l'Olympique gymnaste club de Nice (OGCN), Maurice Cohen. Il était déjà très impliqué quand il était coordinateur sportif sous l'ancienne direction, mais là, il nous surprend tous. Il a su communiquer sa foi aux joueurs, les convaincre de la nécessité des sacrifices financiers, de la possibilité de "faire un coup" et, surtout, de leurs devoirs envers des supporteurs qui avaient fait beaucoup pour que le "Gym" ne meurt pas." "Il y a un contrat moral entre les gars et moi", insiste Gernot Rohr.

Aujourd'hui, il se dit certain que le milieu de terrain brésilien Pereira da Silva Everson, le "marathonien" Romain Pitau et les défenseurs Noé Pamarot et Cédric Varrault, très courtisés par les clubs français et certaines formations étrangères (Italie, Angleterre) continueront de fouler longtemps la pauvre pelouse du stade du Ray, par esprit de filiation. C'est lui qui les a découverts ou leur a donné une chance unique. Il est convaincu qu'ils ne l'oublieront pas : il est des valeurs avec lesquelles le benjamin des Rohr ne badine pas.

A Mannheim (Allemagne), il a grandi sur les terrains du Vfl Neckarau, le club d'un quartier de la ville rhénane, créé en 1904 (comme l'OGCN). Chez ces gens-là, on ne recrutait pas à l'extérieur. On se fournissait localement. On formait des joueurs fiers de "mouiller le maillot". On leur forgeait le caractère. Pour Gernot Rohr, la leçon fut d'autant plus riche qu'elle était administrée par son père, Philipp (alias Flips), entraîneur en chef, par ailleurs professeur de français, et révisée avec ses quatre frères, membres de l'équipe première.

"Cela avait intrigué le Bild Zeitung, qui en avait fait ses gros titres, en 1972, lors d'un match à Karlsruhe, dit Diethelm E. Rau, président du club de 1969 à 1989. Le temps d'une photo, on avait même fait venir Oskar, le grand-oncle, qui a été le premier professionnel allemand à jouer dans le championnat français, au RC Strasbourg, dont il est devenu le meilleur buteur en 1938." La francophilie de Gernot Rohr n'est pas la conséquence d'un parcours de mercenaire du football mais bien un destin familial. Il est naturalisé depuis 1982.

"ICI, ON JOUE À DOUZE"

"Les Niçois sont des gens fiers, se félicite Gernot Rohr. Ils ont du cran. Nous, on doit être animés du même esprit et leur rendre l'énergie qu'ils nous communiquent. Jouer à l'OGC Nice, ça veut dire quelque chose." Pas plus que jouer au Bayern Munich (1972-1974), avec Gerd Müller et Franz Beckenbauer, ou aux Girondins de Bordeaux (1979-1989), avec Alain Giresse et Jean Tigana, mais pas moins. "Quand Gernot dit quelque chose, il tient parole", assure Waldermar Klein, qui fut son président aux Kickers Offenbach (de 1975 à 1977).

Voilà pourquoi il a décidé qu'un aigle noir, symbole niçois, accueillerait l'équipe adverse, avec cette sentence idiomatique : "Aqui li sian douze per jugà." ("Ici, on joue à douze.") Voilà pourquoi il a décidé qu'au Ray les coups d'envoi seraient donnés par d'anciennes gloires du club. Voilà pourquoi il a décidé d'orner le couloir d'accès à la pelouse de photos des exploits du "Gym". Voilà pourquoi il a décidé que les mises au vert se feraient dans les Alpes-Maritimes, entre Carros, Saint-Vallier et Saint-Martin-Vésubie.

"Cette équipe me ressemble", affirmait-il récemment dans les colonnes du quotidien L'Equipe. L'album Panini, millésimé 1978, décrivait ainsi le néo-Girondin : "Défenseur énergique et rugueux." La présentation est validée par Aimé Jacquet, qui le dirigea à Bordeaux ("Sur le terrain, il était très dur"), et Alain Roche, qui y évolua quelque temps à ses côtés ("Il pouvait être violent") même s'ils tempèrent : "Hors du terrain, il était doux, toujours concerné par les problèmes des autres, à leur écoute."

Le "Gym" de Gernot Rohr est comme ça : énergique et rugueux, mais solidaire et attentif au bonheur de ceux qui l'aiment. Pour sauver son groupe, l'entraîneur a dû en écarter une des mascottes, Dominique Aulanier, en proie à de perturbants problèmes personnels. Pour en assurer la cohésion, il l'amène dîner à Cannes, chez son ami Francis Camerini, grand ancien du club. Et, pour en panser les plaies, il évoque ses expériences. "Il sait gérer les situations complexes, celles où tout ne tient que par vous", juge Aimé Jacquet.

"La vie m'a appris à relativiser, confie Gernot Rohr. Mais il faut savoir que cela n'épargne jamais la douleur." Au fond de lui, résonne encore l'écho des flots du Rhin et de l'océan Atlantique aux bords desquels il a passé tant d'années. Un jour, le ressac de la Méditerranée ne sera plus qu'un souvenir, lui aussi. Il ne l'ignore pas. Depuis Ernst von Salomon et son Questionnaire, nous savons qu'il existe des "Basques allemands". Avec Gernot Rohr, les Niçois les plus radicaux ont appris qu'on rencontre parfois des Nissarts allemands.

Michel Dalloni (avec Louis Rigal, en Allemagne)
© Le Monde






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