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Simone, ange ou démon
L'équipe, le 21/01/2004 à 09h10

Admiré pour son jeu, discuté pour son caractère, l'attaquant italien est de retour au stade Louis-II.

Gernot Rohr est une bénédiction. En dehors de sa disponibilité et de son goût pour la communication (le vestiaire niçois n'est pas zone interdite et il n'y a pas besoin de 40.000 feux verts pour voir un joueur), l'entraîneur des Aiglons a aussi le sens de la formule. Comme quand il dit, dans un grand éclat de rire, à propos de Marco Simone : « Je sais tout ce qu'on raconte sur lui. J'ai entendu les rumeurs. Mais je ne suis pas inquiet. Notre collaboration ne va pas durer dix ans. »

Les rumeurs, justement, colportent que l'attaquant italien est ingérable et qu'il finit toujours par gangrener le groupe dans lequel il évolue. En deux mots, que c'est un « fouteur de merde ». Une réputation née de son passage au Paris-Saint-Germain entre juillet 1997 et juin 1999, et qui a pris de la consistance lors de son expérience monégasque entre juillet 1999 et août 2003. Dans les deux cas, le scénario a été sensiblement le même. Une première année exceptionnelle et puis, très vite, les choses qui dégénèrent pour une fin d'aventure en eau de boudin. « C'est vrai que dans les deux endroits ça s'est passé un peu de la même façon, sourit Simone. En apparence, du moins. Parce que, dans le fond, ça n'a pas été du tout la même chose. Tout a même été très différent. »

La ressemblance tient aux débuts sous un nouveau maillot. En 1997 le Parc des Princes découvre un Simone remarquable auteur de 13 buts en Championnat et grand inspirateur du doublé du PSG de Roche, Le Guen et Rai dans les Coupes nationales. Victoire en Coupe de France face à Lens (2-1) avec un but de l'Italien ; victoire en Coupe de la Ligue face à Bordeaux (2-2 a.p. et 4 t.a.b. à 2) avec un but de Simone et un tir au but réussi).

En 1999, c'est peut-être plus fort encore. Transféré en Principauté, l'attaquant prend une part prépondérante dans la conquête du titre par Monaco en marquant 21 buts en Championnat (3e buteur derrière Anderson et Trezeguet) et en offrant 12 passes décisives. « L'une de mes meilleures saisons sans doute », estime-t-il avant de s'attarder sur ce qui, par deux fois, a fait virer le mariage d'amour en un divorce retentissant. « A Paris, c'est parti d'une promesse non tenue. Je devais resigner. Une conférence de presse avait même été organisée par Bietry pour l'annoncer et, un mois plus tard, il a tout arrêté. C'est de là qu'est née la brouille. Et le bordel qui caractérisait le club cette année-là, avec deux présidents, Bietry puis Perpère, et trois entraîneurs, Giresse, Artur Jorge et Bergeroo, en quelques mois, n'a rien arrangé, même entre joueurs. A la fin de la saison je suis parti pour Monaco pour 20 MF (3 M d'euros). »

Si en Principauté l'histoire va bégayer, elle va aussi prendre une tout autre tournure. A Paris, Simone était seul à avoir des problèmes. A Monaco il est accompagné. Et pas par n'importe qui : Panucci, Jugovic, Bierhoff, Gallardo, rien que des pointures. Philippe Léonard, compagnon d'infortune de Simone et nouveau joueur de Nice comme lui, a son avis sur la question. Il ressort une explication déjà entendue. « Deschamps ne voulait pas de contestation ni de critiques dans le groupe. Il a tout fait pour écarter les joueurs de caractère et à forte personnalité. »

Philippe Léonard : « Deschamps ne voulait pas de contestation ni de critiques dans le groupe. Il a tout fait pour écarter les joueurs de caractère »

Un argument toujours réfuté par l'ancien capitaine des Bleus et que l'attaquant italien dit ne pas comprendre. « Avant de venir en France j'ai passé huit ans au Milan. Vous croyez que j'ai toujours été d'accord avec Capello ou avec Sacchi ? Vous croyez que des mecs comme Van Basten, Gullit ou Baresi, ils ne disaient jamais rien ? Aujourd'hui Capello a fait venir Panucci à la Roma alors qu'ils ont eu souvent des prises de tête. Et Cassano ? Ils n'arrêtent pas de s'allumer avec Capello. Pourtant Cassano joue tous les dimanches. Parce que, au-delà des rapports qu'ils entretiennent, c'est un joueur important. On n'écarte pas quelqu'un à cause de son caractère. »

Concernant le sien, Marco Simone est sans illusions. A 35 ans il commence à bien se connaître et il sait qu'il n'est pas toujours à prendre avec des pincettes. Mais il a à coeur de casser l'image qu'on lui colle à la peau depuis six ans et demi qu'il est arrivé dans le Championnat de France.

« C'est vrai que je peux avoir sale caractère. D'abord parce que je suis passionné. Mais je ne suis pas celui qu'on décrit généralement. Je ne la ramène pas à tout bout champ et je ne cherche pas à m'imposer dans le vestiaire. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis en face. Je donne mes idées. Je mets mes opinions sur la table devant tout le monde. Moi, je ne fais jamais les choses en douce. Je ne suis pas un faux cul. Je ne donne pas de coups de couteau dans le dos. La grande mode en France, c'est de dire que Marco Simone est un intrigant. Que mon comportement varie d'une saison sur l'autre. Mais je peux affirmer que je n'ai jamais changé. Entre ma première année et ma deuxième année à Paris ou entre ma première année et ma deuxième année à Monaco, je suis resté le même. Je ne suis pas devenu subitement un casse-bonbons. »

A Monaco, du côté du centre d'entraînement de La Turbie, c'est en tout cas l'impression qui prédomine chez les joueurs qui l'ont connu. Si Giuly, très proche de l'Italien au départ, reconnaît que les liens se sont quelque peu distendus depuis que Simone lui a reproché publiquement d'avoir tourné sa veste en jouant la carte Deschamps (« Je n'étais pas obligé d'être du même avis que lui, dit le capitaine. Alors c'est bonjour bonsoir, même si ce qu'on a vécu ensemble en 2000 et 2001 ne s'efface pas »), il ne fait pas de griefs sur le comportement en collectivité de son ancien partenaire.

Et les autres sont dans l'ensemble plutôt chaleureux. « J'ai découvert Marco alors qu'il était déjà en opposition avec le coach, lâche Rothen. Des choix ont été faits que je n'ai pas à commenter. Mais je n'ai jamais été choqué par sa façon de faire. Tout le temps où il est resté à Monaco je ne l'ai jamais vu créer le moindre problème et encore moins de mettre le feu. A la fin, avant de résilier son contrat, il faisait même en sorte de ne pas gêner le groupe et de le croiser le moins souvent possible. J'ai gardé de bons rapports avec lui et je vais être content de le retrouver. »

Visiblement la réciproque est vraie. Ce match au stade Louis-II, Simone se fait une joie de le disputer. D'abord pour retrouver les joueurs monégasques dont il confirme que certains sont restés très proches de lui. Ensuite pour fouler de nouveau une pelouse sur laquelle il a quand même quelques-uns de ses meilleurs souvenirs de footballeur. Il s'attend à beaucoup d'émotions. « Revenir dans son ancien stade avec le maillot de l'adversaire, c'est toujours spécial. J'ai vécu ça une fois, quand je suis retourné au Parc des Princes avec Monaco. Là, ça ne va pas être le même contexte. J'habite toujours Monaco et je ne crois pas que je prendrai des bouteilles sur la tête comme à Paris. Mais je ne sais pas trop ce qui m'attend ni l'accueil que j'aurai. »

La seule chose dont l'ancien Monégasque est sûr est que ce rendez-vous intervient un ou deux mois trop tôt. « Quand je pense que certains sont convaincus que j'ai signé à Nice pour régler des comptes avec Monaco... Tu parles ! Si j'avais été malin, j'aurais attendu la fin de cette rencontre pour m'engager. Parce que, après 14 mois d'absence, je ne vais pas être dans le même état que les autres. Pour moi ce n'est pas le match de l'année. Nice-Monaco en mai, oui, ce sera autre chose, un autre rendez vous avec un autre Simone. Là je suis en phase de reconstruction. »

Marco Simone : « Quand je pense que certains sont convaincus que j'ai signé à Nice pour régler des comptes avec Monaco... Tu parles »

En rodage mais prêt à tout pour faire briller les couleurs rouge et noir. Marquer un but sur un centre de son pote Léonard comme les deux nouveaux Niçois le rêvent en plaisantant, serait un must. Mais l'attaquant italien a aussi la tête sur les épaules. Et il connaît tout le potentiel de ce Monaco façonné par Deschamps dont il n'hésite pas d'ailleurs à louer le travail et la réussite depuis qu'il a débarqué sur le Rocher en 2001. « Il a fait de l'ASM l'équipe la plus forte du Championnat. Le futur champion sans doute. C'est du bon boulot, il faut bien le reconnaître. »

Est-ce l'amorce d'un rapprochement entre les deux hommes ? Après tout, on a bien vu Marco Simone discuter et plaisanter avec Bietry, son ex-ennemi, l'autre jour à Geoffroy-Guichard, avant le match de Coupe de la Ligue entre Saint-Etienne et Nice. Sur le sujet, le joueur préfère esquiver. Comme sur les retrouvailles programmées en fin d'après-midi. Une chose est certaine. Il n'ira pas serrer la main de son ancien entraîneur. « Je ne le faisais pas à Monaco. Je ne vois pas pourquoi je le ferais aujourd'hui. On a deux philosophies différentes, et pas d'atomes crochus. Il ne m'aime pas, je ne l'aime pas. Mais parler de ces choses-là me fatigue et ne m'excite pas. C'est Monaco-Nice. Ce n'est pas Monaco-Simone. S'attarder là-dessus, je trouve que c'est manquer de respect aux deux clubs et manquer de respect à ce match, à ce derby qui a plus d'importance que tout le reste. »

C'est, soit dit en passant, l'opinion de Didier Deschamps. Hier après-midi, lors de sa traditionnelle conférence de presse de veille de match, il a catégoriquement refusé de s'étendre sur le sujet et a préféré privilégier l'importance de ce rendez-vous entre voisins. L'entraîneur monégasque s'est simplement fendu d'un petit commentaire expliquant que c'était bien pour eux - Simone mais aussi Léonard - de retrouver la compétition.

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36e journee de Ligue 1
dim. 09/05/2021 à 15h


Nice - Brest : 3-2

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  37e journee de Ligue 1
dim. 16/05/2021 à 21h



Pts J V N D Diff
 7.    Rennes 55 36 15 10 11 +11
 8.    Montpellier 50 36 13 11 12 -3
 9.    Nice 49 36 14 7 15 -2
 10.    Metz 46 36 12 10 14 -3
 11.    St-Etienne 45 36 12 9 15 -11



   32e  dim. 11/04 (15h) Nice - Reims : 0 - 0
   33e  dim. 18/04 (20h) Dijon - Nice : 2 - 0
   34e  dim. 25/04 (13h) Nice - Montpellier : 3 - 1
   35e  sam. 01/05 (21h) Lille - Nice : 2 - 0
   36e  dim. 09/05 (15h) Nice - Brest : 3 - 2
   37e  dim. 16/05 (21h) Nice - Strasbourg
   38e  dim. 23/05 (21h) Lyon - Nice